LA DOTATION GLOBALE DE FONCTIONNEMENT (DGF)

 

 

 

 

 

LA DOTATION GLOBALE DE FONCTIONNEMENT

Un bref historique

Depuis les années 1970, l'Etat a décidé de fournir une base de ressources régulières aux collectivités territoriales non plus au travers de subventions spécifiques, mais en leur accordant des dotations globales, dont elles auraient le libre emploi (solution qui était préconisée notamment par le rapport de la Commission Guichard).

Toutefois, la dotation globale de fonctionnement est spécifique : elle vient en remplacement des ressources précédemment obtenues par les collectivités territoriales grâce au " versement représentatif de la taxe sur les salaires " (VRTS), lui-même instauré en 1968 pour se substituer à l'ancienne " taxe locale " (droits d'octroi). A l'origine, la DGF se substitue donc à une fiscalité locale très ancienne.

La loi du 3 janvier 1979 prévoit ainsi la création d'une dotation destinée à alimenter les opérations de fonctionnement des collectivités territoriales.

Calcul et indexation

La dotation globale de fonctionnement (DGF) a connu depuis 1979 plusieurs modes d'évaluation (pourcentage du produit net de TVA, indexation sur l'inflation prévisionnelle, etc.).

Aujourd'hui, le montant de la DGF évolue suivant un indice composite (inflation prévisionnelle de l'année de la dotation, à laquelle s'ajoute la moitié de la croissance du PIB de l'année en cours). Ce mode de calcul reposant en partie sur des éléments prévisionnels, il peut y avoir lieu de procéder à une régularisation au 31 juillet de l'année d'exercice (nouvelle répartition si le produit est supérieur aux prévisions, imputation de la différence sur la DGF suivante s'il est inférieur). Une régularisation " à la baisse ", d'un montant de 750,4 millions de F, a été décidée au 1er juillet 1997 : il est aujourd'hui question d'une régularisation similaire de l'ordre de 300 millions de F au 1er juillet prochain.

Afin de donner une certaine visibilité aux relations financières entre l'Etat et les collectivités locales, un " pacte de stabilité " conclu en 1996 assurait le maintien de ce mode de calcul jusqu'en 1998. Un réexamen est donc en cours.

La DGF s'élève en 1998 à 106,3 milliards de F (en augmentation de 1,38 % par rapport à 1997), répartis entre les communes (88,3 milliards de F) et les départements (17,9 milliards de F).

Depuis une réforme entrée en vigueur en 1994 (loi n° 93-1436 du 31 décembre 1993), la DGF des communes et de leurs groupements se décompose en deux grandes parties : une dotation forfaitaire et une dotation d'aménagement .

En revanche, la répartition de la DGF départementale () n'a pas connu les mêmes modifications : elle conserve ses spécificités.

La dotation forfaitaire

Elle représente l'essentiel de la DGF communale (90 %).

Son mode de calcul s'appuie sur les données démographiques et financières de chaque commune au moment de la réforme de 1993, et les variations ultérieures ne sont pas prises en compte (sauf croissance démographique constatée). L'évolution de la dotation forfaitaire s'effectue en fonction de celle de la DGF dans son ensemble (à l'heure actuelle, elle progresse mécaniquement au moins de la moitié du taux de progression de la DGF, et au-delà si la croissance du PIB est significative).

Son montant s'établit en 1998 à 79,4 milliards de F.

La dotation forfaitaire fusionne plusieurs éléments distincts avant la réforme de 1994 :

- la plupart des " concours particuliers ", c'est-à-dire des dotations spécifiques qui étaient auparavant prioritairement prélevées sur le montant de la DGF : dotations aux communes touristiques, thermales, et aux " villes-centres " ;



- une garantie de progression minimale, qui assurait à un nombre important de communes de voir leur dotation progresser en même temps que la DGF ;



- un " tronc commun " concernant toutes les communes, avec trois branches : " dotation de base " variant proportionnellement au nombre d'habitants, dotation de péréquation devant aider les communes à faible potentiel fiscal, et enfin dotation de compensation correspondant à des charges particulières (enfants scolarisables, voirie, logements sociaux).

La dotation d'aménagement

Elle est conçue pour répondre à trois priorités spécifiques : intercommunalité, solidarité urbaine, solidarité rurale.

Son montant est de 8,9 milliards de F pour 1998. Il a progressé de manière très dynamique depuis 1994 : par exemple, plus de 20 % entre 1995 et 1996.

La dotation groupements

Le soutien au développement de l'intercommunalité s'exerce au travers de la dotation " groupements " (quatre catégories : communautés urbaines / syndicats d'agglomérations nouvelles / communautés de villes / groupements à taxe professionnelle unique, districts et communautés de communes à fiscalité additionnelle ou à taxe professionnelle de zone).

Cette dotation (5,3 milliards de F pour 1998) est en pleine expansion, absorbant l'essentiel des ressources supplémentaires dégagées au sein de la DGF pour les missions d'aménagement. Toutefois, même si la dotation " groupements " est prélevée de manière prioritaire sur la dotation d'aménagement, il est prévu que 45 à 55 % de la croissance du solde de celle-ci doit aller à la dotation de solidarité urbaine (DSU) et à la dotation de solidarité rurale (DSR).

Chacune des quatre catégories de groupements mentionnées ci-dessus reçoit une enveloppe spécifique. Toutes les enveloppes sont cependant scindées en deux :

- une dotation de base (15 %)

- une dotation de péréquation (85 %).

La dotation de solidarité urbaine

La DSU s'élève à 2,2 milliards de F pour 1998. Elle concerne les villes dont le potentiel fiscal est faible et qui connaissent d'importants problèmes sociaux et urbains. Leur situation est appréciée en prenant en compte, outre leur évolution démographique :

- leur potentiel fiscal : c'est-à-dire l'application aux bases fiscales correspondantes de la commune du taux moyen national des quatre impôts locaux directs (taxe professionnelle, foncier bâti, foncier non bâti, taxe d'habitation) ;

- leur effort fiscal : c'est-à-dire le rapport entre le produit perçu des impôts directs locaux (hors taxe professionnelle) et le potentiel fiscal défini ci-dessus ;



- les logements sociaux et les aides personnelles au logement ;



n- le revenu par habitant.

Ces différents critères sont intégrés dans un indice synthétique permettant un classement commune par commune, en deux catégories :

- d'une part les communes de plus de 10.000 habitants et plus (les communes situées dans les 75 % supérieurs sont déclarées éligibles à la DSU),

- de l'autre les communes de 5000 à 10.000 habitants (seules celles des 10 % supérieurs sont éligibles).

La dotation de solidarité rurale

Elle s'élève à 1,77 milliard de F pour 1998.

Elle se décompose en deux fractions, destinée pour l'une aux bourgs-centres, pour l'autre à la péréquation.

La DSR des bourgs-centres bénéficie (sauf exceptions mineures) aux communes chefs-lieux de canton et aux communes dont la population représente au moins 15 % de la population du canton. Elle est répartie en fonction de la population (plafond de 10.000 habitants), du potentiel fiscal et de l'effort fiscal.

La DSR destinée à la péréquation bénéficient aux communes de moins de 10.000 habitants, dont le potentiel fiscal est inférieur au double du potentiel fiscal moyen des communes de taille comparable. Le montant proprement dit est fonction, là aussi de l'effort fiscal et du potentiel fiscal, mais également de la longueur de la voirie communale et du nombre d'élèves domiciliés dans la commune.

La DGF départementale

A la différence de la situation communale, les mécanismes de la répartition départementale ont relativement peu changé depuis 1979.

La DGF des départements se décompose toujours en quatre fractions :

- une dotation de fonctionnement minimale, à laquelle doit obligatoirement être affecté le quart de la croissance de la DGF des départements. Elle est accordée aux départements dont le potentiel fiscal est plus faible que la moyenne des autres départements (de 40 % s'il est calculé par habitant, de 60 % s'il l'est par kilomètre carré). 25 départements en bénéficient ;



- une garantie de progression minimale identique à celle dont bénéficiaient la plupart des communes avant la réforme de la DGF communale de 1993 (voir plus haut) ;





Une fois ces deux dotations prélevées, le solde se partage entre :



- une dotation forfaitaire, pour 45 % du solde ;



- une dotation de péréquation, pour 55 % du solde. Une partie de cette dotation (60 %) est versée proportionnellement aux impôts perçus par chaque département au titre des deux taxes foncières et de la taxe d'habitation. Le restant (40 %) de la dotation est attribué en fonction du potentiel fiscal de chaque département par rapport à la moyenne de ceux des autres, dans le but de compenser les inégalités de richesse fiscale.

Répartition

La répartition de la DGF s'effectue sous le contrôle du Comité des Finances Locales.


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Mise à jour le 26 novembre 2000