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Du
traité de Rome à l'Euro
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Sur les quinze pays de l'Union européenne, seuls douze à ce jour font partie de la zone euro (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal) et verront dans quelques mois leur monnaie nationale remplacée par une monnaie unique, l'euro. Parmi les 303 millions de personnes concernées, vous aurez demain l'euro en poche. Cette étape s'inscrit dans l'histoire de la progressive construction européenne depuis de traité de Rome en 1957. | ||||||||||||
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Liens: Le site euro de la banque centrale européenne |
Des Pères fondateurs à la fin du SME Lorsque le traité de Paris puis celui de Rome ont été ratifiés (1), l'objectif sous-jacent était de construire une Europe de la paix, dans le cadre de la réconciliation franco-allemande (2). Considérant que l'Europe politique était un objectif trop ambitieux dans l'immédiat, les pères de l'Europe ont estimé qu'une union essentiellement économique était, dans un premier temps, un bon moyen d'unir les nations volontaires, alors encore très marquées par la deuxième guerre mondiale. C'est ainsi qu'est née la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), puis le Marché commun ; et après de nombreuses années, le principe de libre circulation des hommes, des capitaux et des marchandises a été définitivement adopté. |
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| Si vous avez eu a faire l'expérience d'expédier une marchandise à l'étranger ou d'en importer une, ou simplement de voyager dans un pays de l'Union européenne, vous avez été confronté au très ancien et récurrent problème du change entre les diverses monnaies. Cette question du change intéresse tout le monde, tant du point de vue pratique (avoir en poche quelques billets et pièces de telle monnaie) que financier (commissions sur le change). Les institutions européennes, et en particulier la Commission européenne, se sont rapidement interrogé sur la façon de réduire les tracas et les coûts liés à l'existence du change monétaire et à son instabilité. Et au-delà de cet aspect très concret, et dans la mesure ou l'Europe a été imaginée comme une fédération d'États-Nations, la coexistence de nombreuses monnaies constituait un obstacle à une intégration non seulement économique mais aussi politique. | |||||||||||||
| Aussi, dès la fin des années soixante, la Commission a envisagé de privilégier un taux de change fixe entre les diverses monnaies européennes. Divers projets, en particulier celui de Werner, premier ministre du Luxembourg, envisageaient l'adoption d'un taux de change fixe entre les monnaies des pays participants, équivalant à la création d'une monnaie unique. Cependant, la fin des accords de Bretton Woods (le 15 août 1971, marquée par l'arrêt de la convertibilité du dollar en or) a entraîné une forte instabilité des changes, empêchant le projet Werner de se réaliser. | |||||||||||||
| L'étape suivante consacre la création du Système monétaire européen (SME) et de l'Ecu, en mars 1979, sous l'influence de Roy Jenkins, Helmut Schmidt et Valéry Giscard d'Estaing. Le SME organisait un système de taux de change stables et révisables autour de la valeur de l'Ecu, avec des marges de fluctuations de plus ou moins 2,25 % autour du taux pivot. En 1992 et 1993, les graves crises monétaires (qui ont notamment attaqué la parité franc français/deutsche mark) ont contraint à accroître les marges de fluctuation qui sont passées à plus ou moins 15 % autour de la valeur de l'Ecu. L'Ecu n'était pas une véritable monnaie mais un panier composé des différentes monnaies européennes (dont la valeur était représentative d'une moyenne de celles-ci pondérées par leur importance relative respective) et n'avait pas de valeur libératoire, mais pouvait néanmoins être utilisé pour diverses transactions financières, nationales ou internationales. L'expérience du SME et de l'Ecu a permis à l'utopie d'une monnaie unique de devenir réaliste dans les esprits, une nécessité pour le bon fonctionnement du marché intérieur. | |||||||||||||
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Le traité de Maastricht Le traité sur l'Union européenne - signé à Maastricht le 7 février 1992, puis ratifié par les divers États entre juin 1992 et août 1993 - instaure la monnaie unique européenne, baptisée euro par le Conseil européen de Madrid en décembre 1995. L'achèvement du marché unique par la création de l'euro a été organisé par le Traité en trois phases dont les aspects les plus importants recouvrent les deux dernières. La deuxième phase (du 1er janvier 1994 au 31 décembre 1998), phase de transition, avait pour objectifs de renforcer la coordination des politiques économiques, de mettre en œuvre les critères de convergence (3) et de désigner les pays participants. La troisième phase, celle du démarrage, a débuté le 1er janvier 1999 et se terminera au plus tard le 30 juin 2002. Elle a déjà vu la fixation irrévocable du taux de change des monnaies entre elles, et par rapport à l'euro qui est devenu la monnaie de tous les pays participants. Les différentes monnaies nationales ne sont plus qu'une expression de l'euro. Elles subsisteront jusqu'à l'introduction des pièces et billets en euro à partir du 1er janvier 2002 (et pendant une période de six semaines) puis disparaîtront en perdant leur pouvoir libératoire. Cette phase a également vu la création de la Banque centrale européenne, autorité indépendante chargée de la politique monétaire et de change de l'euro. |
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Du concept à la réalité L'arrivée de l'euro pose de nombreuses questions pratiques, dont un grand nombre sont d'ores et déjà résolues. D'un point de vue concret, au-delà des querelles politiques ou philosophiques, la principale difficulté issue de l'arrivée de notre nouvelle monnaie sera une question de valeur psychologique. Tout le monde sait, en fonction de ses valeurs, ce qu'il est possible d'acheter pour 100 F, 1 000 F ou 100 000 F. Mais quelle représentation de valeur avons-nous pour 100 euros, 1,26 euros ou 5 236 euros ? Un petit entraînement sera nécessaire mais cela ne devrait pas être plus difficile que d'aller dans un pays étranger et de se débattre avec la monnaie locale les premiers jours. Quant aux moyens de paiement, vous pouvez depuis plusieurs mois déjà utiliser des chèques ou votre carte de crédit en euros. À compter du mois de juillet 2001, les banques n'émettront plus que des chéquiers en euros ; néanmoins, il sera possible, sur demande, d'obtenir des chéquiers en francs mais dont l'utilisation devra cesser le 31 décembre 2001. Votre carte de crédit sera toujours valable après le basculement ; votre compte bancaire est déjà exprimé en francs et en euros au 1er janvier 2002, il ne le sera plus qu'en euros. Vos divers contrats (emprunt, assurance, location, etc.) continueront à s'exécuter, la plupart du temps sans avenant, dans la mesure où le franc n'est plus qu'une subdivision provisoire de l'euro et où le changement de monnaie n'entraîne aucun changement de valeur. Il ne reste plus qu'à espérer que cette nouvelle monnaie contribuera à rendre l'Europe plus proche de nous et qu'elle renforcera la puissance de l'idée européenne, qui n'est évidemment pas réductible à celle de la monnaie utilisée. |
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Notes (1) Le traité de Paris, signé le 18 avril 1951 et entré en vigueur 23 juillet 1952, crée la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Le traité de Rome, signé le 25 mars 1957 et entré en vigueur le 1er janvier 1958, crée la Communauté économique européenne. À ce jour, quinze pays sont membres de l'Union européenne : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, la Grande-Bretagne, la Grèce, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-bas, le Portugal et la Suède. (2) Extrait de la déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950 : " Par la mise en commun de productions de base et l'institution d'une Haute Autorité nouvelle, dont les décisions lieront la France, l'Allemagne et les pays qui y adhéreront, cette proposition réalisera les premières assises concrètes d'une fédération européenne indispensable à la préservation de la paix. " (3) Les critères de convergence : - taux d'inflation : celui (moyen annuel) du pays candidat ne doit pas excéder de plus de 1,5 % la moyenne des taux des trois États membres les plus performants ; - finances publiques : le déficit budgétaire public du pays candidat ne doit pas dépasser 3 % de son PIB ni sa dette publique être supérieure à 60 % de son PIB ; - taux de change : la monnaie du pays candidat devra avoir fluctué dans les marges du SME au moins depuis les deux années précédant l'admission ; - taux d'intérêt : l'année précédant l'admission, les taux d'intérêt à long terme des obligations d'État ne doivent pas dépasser de plus de 2 % la moyenne du taux d'intérêt des trois pays les plus performants en matière de stabilité des prix. |
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Passage à l'euro : le calendrier français Fin du cours légal du franc : 17 février 2002 Date butoir pour l'échange des unités monétaires nationales auprès des banques commerciales : 30 juin 2002 Dates butoir pour l'échange des unités monétaires nationales auprès de la Banque de France : pièces 17 février 2005 billets 17 février 2012 |
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La conversion Des règles précises de conversion ont été adoptées par le Conseil Européen pour assurer l'équité des arrondis. La conversion se fait sans arrondir le taux de change. Mais l'euro étant divisé en cents, on ne conserve que deux chiffres après la virgule après conversion. Ainsi, si le troisième chiffre après la virgule est supérieur ou égal à 5, on arrondit au cent supérieur, s'il est inférieur à 5, on arrondit au cent inférieur. Exemples - montant de la conversion obtenu en euros = 1,455 euro on arrondit à 1,46 euro - montant de la conversion obtenu en euros = 1,457 euro on arrondit à 1,46 euro - montant de la conversion obtenu = 1,454 euro on arrondit à 1,45 euro |
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L'euro concrètement dans votre poche 8 pièces de 1, 2, 5, 10, 20 et 50 cents, 1 et 2 euros comporteront une face nationale et une face commune 7 billets de 5, 10, 20, 50, 100, 200 et 500 euros |
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Alain Colson, article paru dans: " CAES INFO", revue du CNRS, 3e trimestre 2001, n° 60.
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Mise à jour le 16 septembre 2001